Un tableau électrique qui chauffe, une prise sans terre, un disjoncteur différentiel absent : ces défauts, souvent invisibles au quotidien, sont pourtant à l’origine de la majorité des incendies et accidents d’origine électrique. Pour une entreprise, la mise en conformité de son installation électrique n’est pas une option esthétique, mais une obligation réglementaire assortie d’enjeux de sécurité directs pour les personnes et les biens. Voici ce qu’il faut savoir sur le cadre applicable au Sénégal.
Pourquoi la conformité électrique est une obligation, pas un choix
Une installation électrique non conforme engage la responsabilité du chef d’entreprise en cas d’accident, qu’il s’agisse d’un incendie, d’une électrocution ou d’un dommage matériel. Au-delà du risque humain, elle expose également l’entreprise à des refus d’assurance, à des sanctions administratives, ou à un blocage lors d’un contrôle réglementaire. Elle peut aussi, plus discrètement, générer des surconsommations d’énergie ou des pannes récurrentes qui pèsent sur le fonctionnement quotidien de l’activité.
Le cadre réglementaire sénégalais
Le secteur électrique sénégalais s’appuie aujourd’hui sur un cadre juridique rénové. La loi n°2021-31 du 9 juillet 2021 portant Code de l’électricité constitue le texte de référence unique du secteur : elle a réorganisé le marché national de l’électricité, renforcé le rôle du régulateur — la Commission de Régulation du Secteur de l’Electricité (CRSE) — et posé les bases d’une planification à moindre coût du secteur. Cette loi a remplacé un cadre plus ancien, issu de la loi n°98-29 de 1998 relative au secteur de l’électricité, elle-même modifiée en 2002.
Pour les installations électriques elles-mêmes, la norme technique de référence est la NS 01-001, qui régit les installations électriques basse tension neuves ou entièrement rénovées au Sénégal. Son champ d’application est large : bâtiments à usage d’habitation ou commercial, établissements recevant du public (ERP), installations d’éclairage public ou privé, terrains de camping, etc. Cette norme fixe les caractéristiques attendues d’une installation (compteur, disjoncteur général, tableau électrique, disjoncteurs différentiels à haute sensibilité, protections contre les surintensités, conduits isolants) et les règles de mise en œuvre garantissant la sécurité des équipements et des personnes.
C’est précisément la NS 01-001 qui sert de référence dans le décret n°2017-1333 du 8 juin 2017, qui rend obligatoire le contrôle de conformité des installations électriques intérieures. Ce texte constitue le fondement légal des contrôles de conformité effectués sur les installations neuves ou rénovées, et c’est à ce référentiel que se rapportent la plupart des organismes de contrôle intervenant au Sénégal.
Les points de contrôle essentiels lors d’une mise en conformité
Une mise en conformité électrique passe systématiquement par la vérification de plusieurs éléments structurants de l’installation :
- Le tableau électrique : état général, respect des règles de répartition des circuits, accessibilité et étiquetage clair de chaque protection.
- La mise à la terre : présence, continuité et valeur de résistance conforme, un point souvent négligé sur les installations anciennes.
- Les disjoncteurs différentiels à haute sensibilité (30 mA), indispensables à la protection des personnes contre les risques d’électrisation.
- Les protections contre les surintensités (fusibles, disjoncteurs) à l’origine de chaque circuit, dimensionnées selon la section des câbles.
- Les conduits et gaines assurant la protection mécanique des conducteurs, en particulier dans les environnements humides ou poussiéreux.
- La compatibilité entre la puissance souscrite et la charge réelle de l’installation, un déséquilibre fréquent sur les sites ayant évolué sans révision de leur dimensionnement initial.
Les erreurs les plus fréquemment constatées sur le terrain
Sur les installations tertiaires et industrielles existantes, certains défauts reviennent de façon récurrente lors des diagnostics : tableaux électriques modifiés au fil du temps sans mise à jour du schéma unifilaire, ajout de circuits sans recalcul de la protection en amont, absence de séparation claire entre circuits de puissance et circuits de commande, ou encore matériel non adapté à l’environnement (poussière, humidité, chaleur) dans lequel il est installé. Ces situations, souvent héritées de travaux successifs réalisés par différents intervenants sans vision d’ensemble, illustrent l’intérêt d’un diagnostic complet plutôt que d’une correction ponctuelle.
Habilitation électrique : la sécurité des intervenants aussi
La conformité d’une installation ne suffit pas si les personnes qui interviennent dessus ne sont pas elles-mêmes formées aux risques électriques. Le référentiel NF C18-510, largement utilisé dans les entreprises francophones, structure la délivrance des habilitations électriques : il définit les niveaux d’habilitation (B0, B1, B2, BR, BC, H0, H1, H2 selon les domaines de tension), les procédures de consignation, et les obligations de l’employeur en matière de formation. Concrètement, toute personne intervenant sur ou à proximité d’une installation électrique — pas seulement les électriciens de métier, mais aussi le personnel de maintenance générale ou de nettoyage travaillant à proximité d’armoires électriques — doit avoir suivi une formation adaptée avant d’être habilitée par son employeur. C’est un point souvent négligé dans les projets de mise en conformité, alors qu’il conditionne directement la sécurité des équipes sur le terrain et engage également la responsabilité de l’employeur.
Les étapes d’une mise en conformité réussie
- Diagnostic initial : un état des lieux complet de l’installation existante, réalisé par un professionnel, permet d’identifier les écarts par rapport à la norme NS 01-001, à l’aide de mesures et de contrôles visuels systématiques.
- Priorisation des travaux : tous les écarts ne présentent pas le même niveau de risque ; un plan d’action hiérarchisé permet de traiter en priorité les défauts les plus critiques pour la sécurité, avant les points de confort ou d’optimisation.
- Réalisation des travaux de mise en conformité, avec des matériaux et méthodes respectant les prescriptions en vigueur, et en limitant autant que possible les interruptions d’activité du site.
- Contrôle final, documentant la conformité de l’installation et servant de référence en cas de contrôle ultérieur, de sinistre ou de cession du bâtiment.
- Suivi dans le temps : une installation conforme aujourd’hui doit rester entretenue pour le demeurer, notamment via une maintenance préventive régulière et une mise à jour du dossier technique à chaque modification.
Ce qu’un dossier de conformité doit contenir
Au-delà des travaux eux-mêmes, une mise en conformité sérieuse se traduit par un dossier documentaire exploitable : schéma électrique unifilaire à jour, rapport de contrôle détaillant les points vérifiés, attestations de conformité pour les équipements sensibles, et le cas échéant, plan de maintenance préventive associé. Ce dossier constitue une pièce essentielle en cas de contrôle, de sinistre, ou simplement pour faciliter les interventions futures sur l’installation.
Se faire accompagner par un professionnel
La mise en conformité électrique touche à la fois la technique, la réglementation et la sécurité des personnes : c’est un domaine où l’improvisation n’a pas sa place. Faire appel à une entreprise expérimentée permet de sécuriser chaque étape, du diagnostic jusqu’à la remise d’un dossier de conformité exploitable.
OG Entreprise accompagne les entreprises sénégalaises dans l’intégralité de leurs travaux de mise en conformité électrique, du diagnostic initial aux finitions, dans le respect strict des normes en vigueur.
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